Archive for November, 2010
Je vais vous faire réver un peu
Comme c’est dimanche et que tout le monde a besoin de repos, je vous propose une histoire sans parole ou presque.

Les Bouddah se promènent couchés le dimanche, les animaux locaux font le guet, des arbres trimillénaires se cachent près de petits temples
La plage est dans un parc national dont l’entrée est protégée par le roi et qui abrite des temples improbables


Que vous dire de la plage, elle est paradisiaque l’eau y est chaude et pourtant les sculptures ne sont pas loin, celle si va nous attendre encore un peu sur le bord de la pinède
Une bonne journée se termine au marché de nuit avec des sauterelles grillées des bananes sautées et de petits desserts bien délicats.
Jour 4-Je n’ai pas pu dormir
Je leur avait demandées de me parler pendant la nuit, de me dire en rêve ce que je n’entendais pas le jour
Elles ont préférées me garder éveillée pour me révéler qu’elles étaient les mères. Celles qui vivent pour l’enfant et par lui, celles qui vivent malgré l’enfant, presque sans lui, celles dont les enfants sont les racines et qui avancent ancrées parfois lestées, celles qui l’attendent , celles qui les attendent, celles qui le sont, celles qui le deviennent, les mères, toutes les mères.
Elles sont fragiles et pleines de bourgeons, si on ne les voit pas on les reconnait souvent à leurs enfants, il leur faut un écrin, et cela aussi m’a tenue réveillée
Je me suis demandée quelle mère j’étais à 3 heures du matin, cela m’a donné faim ce qui ma fait penser à la mienne,j’ai pleuré et je me suis endormie
Tout de suite après c’était le matin
La nuit m’avait demandé de prendre soin de ceux qui m’attendaient, alors j’ai corrigé la position des danseurs et été dire bonjour au grand cosmos qui attend sagement, démonté, le jardin qui accueillera ses 4m d’envergure (je vous le remontre pour mémoire)
J’ai fini la prière à la lune, demain je ne graverai par le nom de D.ieu. Regardé les Mères dans tous les sens, pensé à de nouveaux écrins. Observé les branches en bronze et celles en bois.
Et comme j’avais des petits poissons séchés à acheter et besoin de légèreté, nous avons mis le cap sur Chinatown qui est comme une grande caverne d’Ali Baba je m’en suis donné à coeur joie



Ouf, je n’ai plus le sentiment d’être venue pour rien.
Bon, bon c’est un peu exagéré, je veux dire de n’être venue servir que les créations passées. Le manque de sommeil, la tension et cet état de découragement que je retrouve chaque fois comme une mauvaise amie, me laissent abandonnée.
Mais ce soir, je suis soulagée, mais incapable d’apprendre que chaque fois c’est pareil, parce que cela semble toujours être une grâce qui se mérite.
Non pas de femme sauvage, pas de waouh, juste la sensation au creux du ventre que ça marche. Les mères se sont offertes, elles se sont couchées, mais ne brûlons pas les étapes ce serait trop facile de savoir la fin sans connaître les affres
Tout d’abord le Totem, qui a été très désossé encore aujourd’hui et en regardant les photos je m’aperçois que ce n’est pas fini, il s’est paré de sa prière à la lune (qui sera en bronze, mais est présenté ici en cire) en spirale, en bandeaux et en écorces, ici tout le monde préfère en écorce


Une pose déjeuner et un joli dessert qui mérite mieux que ce qu’il semble offrir…

…Tout comme les mères, qui ne vous parlerons peut être pas. je pensais devoir les parer comme des reines pour les mettre en valeur et les honorer.


Et pourtant leur essence même est suffisante. C’est mon ami Piero qui me l’a écrit hier comme dans une vision prémonitoire : “ces arbres hybrides et biologiquement improbables sont de plus en plus beaux et de plus en plus humains.Les branches de “l’être” s’écrivent donc bien avec un “h” “très inspiré”. Elles seront fixées sur une tige invisible, et viendront se poser qui sur un pied qui sur le mur.


Et voilà, je vais aller me coucher tôt, soulagée presque sereine. Demain, dimanche, c’est relâche, nous partons à la plage de Hua Hin, je sais cela semble injuste car chez vous (moi) il neige, mais cela je suis sûre de l’avoir mérité
3ème jour, le murmure se fait plus fort la pression aussi
Ce soir, après avoir eu mon ami Djamel au téléphone, je me suis détendue. Peut être ne suis-je venue que pour servir mes créations passées, elles demandent de l’attention et encore beaucoup de travail.
J’ai un peu écris ce matin, et me suis mise en état méditatif au bord de mes émotions, en marge, hors du bruit de l’atelier et de deux artistes des Pyrénées qui travaillent en même temps qu’elles parlent parlent parlent.
Je mes suis offerte à ce que je faisais, les lettres une après l’autre. Me suis ensuite levée pour accrocher les branches de Hêtre et de cornus à un fil, comme cette émotion qui ne demande qu’à sortir. Du hêtre a reconnu Marie-Frédérique c’est sûrement pour me dire cela que je suis est dans l’atelier avec elle. Le bruit des murmures se fait plus fort.


Après le déjeuner, après avoir peaufiné les foules, avec pudeur, nous sommes repartis à l’assaut des hauteurs. Cette fois Lukate et Soy, aussi, s’y sont mis.


Nous avons dompté la parure de la divinité, et finalement, aujourd’hui le totem ressemblait à ça. Il reste à habiller le tronc des prières à la lune, au soleil et à la pluie et d’autres bénédictions, en fait ce que l’on attends d’un totem.
La fin de la journée est arrivée vite, déjà 18 heures, les ouvriers sont partis. le soleil aussi.


Ce soir, après avoir eu mon ami Djamel au téléphone, et après vous avoir écris je me suis détendue. Il me reste encore beaucoup de travail donc beaucoup de possible.
Je n’étais pas fière en arrivant ce matin
Parce que la chance a été avec moi (et vous aussi) lors de mes deux derniers voyages, parce que les branches se sont offertes et m’ont accomplies et que les miracles ne peuvent se répéter à l’infini. Il faut que j’apprenne l’humilité.
Mais voilà j’ai été accueillie par la jolie Star dont vous vous souvenez peut être.
Mais aussi la deuxième foule attendait sagement, et les branches se sont découvertes mais pas encore dévoilées, elle me chuchotent quelque chose que je ne comprends pas encore


Le totem en était là

Et l’inquiétude n’a pas diminué car les textes que je dois graver sur le socle se sont refusés à moi, c’était laborieux




Et j’ai fini pas trouver (il y a bien le aleph qui se remet à l’envers dès que je relâche mon attention), cela va être long, ce sera une bonne excuse pour ne pas trouver de nouvelle sculpture à dire
A la fin de la journée j’avais écris ça, studieusement, avec des fautes peut être mais ce n’est pas le quart de ce qu’il me faut encore graver
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Le totem lui a prit tournure, il s’est paré de ses masques il cherche encore le mouvement vers le ciel, nous avons, entre deux lettres, soudé (enfin Ali et Ti) coupé abrasé et ressoudé, demain, demain c’est sûr il s’élancera




Il est tard, tout le monde est fatigué, moi j’ai encore envie d’en découdre, mais l’atelier ferme, je le laisse ainsi, et c’est vous que je retrouverais avec lui demain

Et me voilà, de retour
Comme si je n’étais pas partie. Lukate et Ali m’attendent, mes branches secrètes sont arrivées nous verrons demain dans quel état

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Et de nouveau sur la rivière un nouveau petit paradis, demain on se met au travail.


J’ai hâte de vous le montrer de vous en parler, de savoir ce que vous en pensez.
Et hop je repars au pays du sourire
Mon troisième voyage se prépare,
Dès demain je serais dans l’avion. Pleine de projets, pleine des doutes aussi.
Les sculptures des précédents voyages, la femme sauvage et Lignes de vie et foules ont trouvées leurs maisons,
qui dehors, 
qui dedans
et dedans-dehors en attendant leur place définitive 
Et puis les 3 danseurs qui commencent à vivre leur vie aussi.
Alors je repars, pour monter le totem qui vous vous en souvenez était comme ça 
et retrouver la foule 2 en bronze 
Et puis j’emmène quelques branches secrètes pour le cas où, et qui ont bien voulu se laisser emballer 
Mais surtout et c’est cela qui m’agite, aller à la rencontre de la magie et du mystère de ce que je ne connais pas encore et qui m’attend.
Le temps vole
Déjà.

Je regarde le temps qui fuit, s’inscrit dans les feuilles et s’envole avec elles.
Aucune nostalgie dans mes paroles, un regard paisible seulement sur ce qui s’écoule et me nourrit.
Très concentrée je ne vous avais pas donné signe de vie, alors qu’il n’est question que de cela.
Depuis septembre, la femme sauvage, et les foules ont trouvées leurs maisons, qui dans un jardin, qui dans un salon, me laissant le vide nécessaire pour la création. Elle s’est nourrit de féminités, de foules, de lignes de vie et de cuisine, mais sur ce dernier chapitre je reviendrais un autre jour.
Pour un petit goût de ce qui m’a occupée voici quelques photos des broderie de féminités



Elles déroulent leur histoire, unique. de la conception à la mort, un début et une fin qui se mélangent et se suivent, se succèdent. Des vies où elles grandissent, murissent, enfantent se perdent et se retrouvent se construisent et s’apprêtent. Selon leur époque leur pays leurs compatriotes, la langue et la culture font d’elles ce qu’elles sont. Elles s’y confrontent et parfois s’en affranchissent.
Leurs histoires me sont chuchotées, je ne les comprends pas toutes, je ne comprends pas tout, mais tente de redire fidèlement ce qu’elles me confient.






