Archive for July, 2011
L’oiseau vient d’arriver, et voulait vous voir.
Il est né très vite, dans un souffle, entre une fin et un début. Il s’est immédiatement envolé emportant avec lui les promesses blessées des mères.

Ces mères qui n’ont pas voulu se laisser idolâtrer, préférant vivre de, et dans, nos souvenirs. Refusant d’être posées en relique puis oubliées par des enfants distraits. De leur passage, elles n’ont laissé pudiquement que quelques brindilles.
Par pure ironie, l’oiseau, majestueux, vilain petit canard déguisé en cygne, vole. Tournant autours des cendres de ces mères, appelant la sienne, à le regarder, il a pris leur esprit sous son aile, un nid fait de brindilles de cornu et d’hêtre.

Aujourd’hui l’accueillant en mon sein, moi l’ogresse recherchant sans fin ma condition de fille, perdue depuis longtemps, je le libère pour qu’il s’envole jusqu’à vous.
(pour retrouver les mères et leurs cendres cliquez ici et ici)
la foule 2 a trouvé son foyer, dans de la poésie.
C’est un lieu magique qui allie le sens, les sens et l’essence du beau. Réunies du 4 au 10 juillet une trentaine d’oeuvres se donnaient à voir dans le Calvados, au jardin du Hauvel, pour servir la cause de jardins nourrissants pour le Niger.
C’est là que la deuxième foule s’arrête, se pose et s’épanouie. Dans les marguerites. Pour ceux qui sont passés à coté, les revoilà .

Ce n’est pas de nous que je veux parler ici. Je ne veux plus parler d’ailleurs. Seulement avec vous, qui n’avez pas pu être parmi les visiteurs du jardin du Hauvel, me promener avec vous à travers cette poésie.
Poésie,
En force et en tendresse elle se décline en un cercle d’ardoise velouté de Loredana Rancatore


Se niche et se love dans l’oeuvre de Michele Iodice


Le Hauvel est un jardin plein de surprises, L’arbre chaise d’Alexandre Mussard,lance ses fers à béton vers le ciel. Ceux d’Eva Jospin en forêts de carton cachent des lutins imaginaires

N’est ce pas d’elfes et d’esprits dont il est question chez Gérard Garouste ou Eric Michel ?

David Marin, rend à la nature ce qui lui a été soustrait, en constructions fragiles et fières qu’il appelle pudiquement second life.

C’est une seconde Peau qu’Aurelie Mathigot crochète à ses bois, elle les cire et les abandonne au soleil.

Ceux qui coupent le bois nous trompent, Stephane Vigny installe des buches en béton, Pierre-Marie Lejeune invente ce que l’oeil reconstitue et Michael Phellan adosse ses bambous éternels au manoir

L’homme ayant peur qu’on l’oublie, s’invite facétieusement dans ces rencontres artistiques, camouflé par Marie Denis, il se découvre elliptique par Axel Cassel, il se réinvente en bois pour Daniel Clarke. Lili Fantozzi, elle, joue dans les arbres.


Mais sa vraie nature se révèle toujours entre les lignes des arbres nous dit Quentin Garel

Et quand le tours du jardin est terminé, que le soir tombe sur le hauvel, la night blue se reflète sur l’oeuvre de Paul Raguenes.

et nous dit de revenir l’an prochain
Merci de m’avoir accompagnée.